L’olfactothérapie : le pouvoir de sentir et l’art de ressentir

L’olfactothérapie : le pouvoir de sentir et l’art de ressentir

L’odorat est un sens primaire, en lien direct avec notre système limbique, contrairement à la vue ou l’ouïe qui empruntent des voies plus complexes. Partant de ce constat, il est aisé de comprendre comment ce sens, en lien direct avec nos mémoires les plus profondes, peut influencer notre humeur, notre comportement et plus  notre santé au sens large. L’étude des états cérébraux montre comment les odeurs influencent notre fonction respiratoire, notre rythme cardiaque, notre mental…

Les demoiselles de Compagnie ont rencontré Jacqueline Padilla, Olfactothérapeute et fondatrice de Nez plus ultra. Nous avons eu l’occasion de suivre pas à pas une séance et ainsi voyager dans les coulisses de notre enfance ! 

Les Demoiselles de Compagnie : « Qu’est-ce qu’une olfactothérapeute ? »

Jacqueline Padilla :

« Une olfactothérapeute est une personne qui pratique l’olfactothérapie. L’olfactothérapie est une méthode ancestrale de soin et de bien-être basée sur l’inhalation des Huiles Essentielles. En respirant les fragrances issues de plantes aromatiques, vous agissez sur votre psychisme, sur vos émotions et sur votre comportement. Mon rôle d’olfactothérapeute est d’accompagner les personnes âgées pour les aider à vivre plus sereinement et à les soulager dans leurs maux quotidiens.

Les Demoiselles de Compagnie : « Pourquoi avoir créé Nez Plus Ultra ? »

Jacqueline Padilla :

« Il y a quelques années, j’ai vécu une expérience incroyable qui m’a fait prendre conscience du pouvoir des odeurs sur nos émotions et notre mémoire. Cette expérience a eu lieu à Grasse alors que je récoltais du jasmin. Telle la madeleine de Proust, l’odeur du jasmin a fait ressurgir un souvenir enfoui au plus profond de ma mémoire : celui de mon grand-père me portant sur ses épaules lorsque j’étais enfant. C’était un rituel chez lui, dès qu’il me voyait arriver dans son patio recouvert de jasmin, il m’attrapait et me posait sur ses épaules. Mon visage était alors en contact avec les pétales de jasmin qui me chatouillaient les narines. Ce rituel s’est arrêté lorsque j’ai commencé à marcher, j’avais donc 13 mois. 40 ans plus tard, au milieu de ce champs à Grasse, j’ai revécu un moment magique de ma petite enfance. Une expérience riche d’émotions, de joie et de bonheur … »

Les Demoiselles de Compagnie : « Concrètement, comment aidez-vous les personnes âgées que nous accompagnons ? »

Jacqueline Padilla :

Lors d’une séance individuelle d’olfactothérapie qui dure en moyenne 1H, je prends d’abord le temps du dialogue. C’est un moment d’échange très important qui me permet d’identifier le besoin de la personne à l’instant T. De cet échange, je sélectionne alors 4 huiles essentielles à sentir en fonction de leurs vertus thérapeutiques, des propriétés qui viendront répondre à la problématique de la personne. 

Les Demoiselles de Compagnie : 

« Pourquoi choisir 4 huiles essentielles alors que peut-être une seule huile suffirait ? »

Jacqueline Padilla :

Il est très important que ce soit la personne qui choisisse l’huile qui lui conviendra le mieux.

Une même odeur est perçue différemment en fonction de chaque personne, de son vécu, de ses souvenirs et de ses émotions. Prendre le temps de sentir chaque huile essentielle, d’en explorer les sensations ressenties, de revisiter les souvenirs enfouis liés à cette odeur est comme un voyage intérieur que je partage avec la personne. A l’issue de ce voyage olfactif, la personne est alors prête pour choisir « SON » huile essentielle, celle qui l’accompagnera après la séance pendant une durée de 21 jours.

Les Demoiselles de Compagnie : « Combien de séances sont nécessaires pour accompagner une personne ? »

Jacqueline Padilla :

Cela dépend de chaque personne. En moyenne, trois séances d’olfactothérapie permettent de sortir d’une situation douloureuse comme le deuil, l’anxiété ou la dépression et de prendre conscience que les choses peuvent changer vers un mieux-être voire un bien-être durable. Naturellement, je reste en contact avec la personne entre deux séances.

Les Demoiselles de Compagnie : « Pouvez-vous nous donner un exemple concret d’une personne que vous accompagnez ? »

Jacqueline Padilla :

En ce moment, j’accompagne Anne-Marie, une dame de 90 ans autonome et pleine d’énergie. Elle vient de perdre son mari d’une longue maladie. Elle l’a soigné et gardé à la maison pendant des années. Elle est à la fois soulagée car elle me confie « qu’il souhaitait partir » mais d’un seul coup, elle se retrouve seule et se sent « inutile ». C’est sa fille Claire qui m’a contactée car elle s’inquiétait pour sa mère qui avait « glissé » dans une phase d’apathie et de tristesse chronique.

Effectivement, après un deuil, il y a des étapes nécessaires ponctuées d’émotions telles que la colère, la peur et la tristesse. Cette dernière est la plus difficile à gérer car elle peut, si on n’y prend pas garde, se transformer en dépression profonde.

Mon rôle d’olfactothérapeute, lors de la 1èreséance, est de sélectionner les huiles essentielles qui vont aider Anne-Marie à sortir de cet état de repli sur soi.

En fin de séance, Anne-Marie choisit l’huile essentielle de Petit Grain Bigarade, une huile issue des feuilles de l’Oranger Amer. En 2èmeséance, Anne-Marie n’avait plus son sourire triste et j’ai constaté en parlant avec elle qu’elle avait accepté la perte de son mari et qu’elle avait de nouveaux projets … Le travail olfactif avec « son » huile essentielle l’a aidée à sortir du cadre attristant où elle se réfugiait pour investir le présent sans culpabilité.

Partager sur :

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

Interactions du lecteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.